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Perspectives de la Banque Sarasin: 2011 sera une bonne année boursière malgré les incertitudes
10 janvier 2011
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Jan Amrit Poser, responsable de l’analyse et économiste en chef de la Banque Sarasin
Philipp E. Baertschi, stratège en chef de la Banque Sarasin |
En 2010, les taux d’intérêt ont évolué à des niveaux planchers. La croissance modérée, l’inflation extrêmement faible et la politique monétaire toujours accommodante suivie par les principales banques centrales du monde ne présagent pas de hausse des taux en 2011. Alors que des taux d’intérêt bas se justifient encore dans les pays industrialisés en raison du faible renchérissement et de la sous-utilisation des capacités de l’industrie, les banques centrales des pays émergents doivent maintenant songer à durcir leur politique monétaire. Les perspectives des obligations d’entreprise se sont nettement améliorées, car ces titres devraient profiter de l’expansion modérée enregistrée dans les pays industrialisés. Cependant, la croissance n’est pas encore suffisamment robuste pour provoquer une hausse significative des taux d’intérêt.
En 2010, les investisseurs ont tour à tour liquidé leurs positions en euros et en dollars pour se tourner vers les valeurs refuge comme le franc suisse et le yen japonais. Si le Portugal décide finalement de demander une aide d’urgence au printemps, les pressions sur la monnaie unique se renforceront encore. Dans l’immédiat, le dollar devrait profiter des craintes sur l’euro, puis les marchés financiers reprendront graduellement confiance dans la monnaie unique dès que les mesures d’austérité des pays européens déficitaires commenceront à porter des fruits. Le franc suisse restera cependant très recherché tant que les craintes sur l’euro persisteront. Lorsqu’elles se dissiperont au deuxième semestre, la valorisation des monnaies jouera à nouveau un rôle plus important dans les décisions de placement. Selon notre estimation de la parité du pouvoir d’achat (PPA), la juste valeur de l’euro se situe vers CHF 1,40. La crainte d’une guerre des monnaies a également fait chuter le cours du dollar au-dessous de sa parité du pouvoir d’achat de CHF 1,14.
L’accélération de la croissance enregistrée au quatrième trimestre 2010 a conduit à une révision à la hausse des prévisions bénéficiaires de nombreuses sociétés. Les entrées de commandes resteront robustes au premier trimestre 2011, si bien que les profits des entreprises pourraient se révéler supérieurs aux attentes. Les corrections d’une certaine ampleur sur les marchés boursiers coïncident généralement avec une modification des perspectives macroéconomiques ou de la politique monétaire. Comme des impulsions positives sont attendues du côté macroéconomique, le ciel conjoncturel n’est pas susceptible de s’assombrir ces prochains mois. Durant l’été, l’aversion au risque pourrait cependant augmenter temporairement en raison de la crise de la dette européenne, d’un tassement de la croissance en Chine et du ralentissement de la conjoncture américaine. La Banque Sarasin s’attend à une bonne année boursière avec des performances à deux chiffres. Les rallyes alterneront cependant avec les mouvements de repli, de sorte qu’une gestion active sera primordiale.
Valeurs favorites de la Banque Sarasin en 2011Adecco, Bâloise, BG Group, BNP Paribas, Deutsche Post, Holcim, Rautaruukki et Tecan. |
Le contexte économique demeure positif pour les matières premières. La forte demande en provenance des pays émergents continuera de pousser les cours à la hausse. En 2011, Sarasin s’intéressera avant tout aux marchés du cuivre, du nickel, du platine et de l’or. Les prix des céréales et des oléagineux seront également soutenus par une vive demande. Les perspectives des placements immobiliers se sont améliorées. Les marchés immobiliers asiatiques sont plus avancés dans le cycle de reprise que ceux d’Europe et des Etats-Unis. Le marché immobilier suisse reste bien disposé, mais ne dégagera pas une meilleure performance que la Bourse.