Perspectives de la Banque Sarasin: 2011 sera une bonne année boursière malgré les incertitudes

| More

 

10 janvier 2011
Source : Bank Sarasin

Dans ses perspectives de placement pour 2011, la Banque Sarasin souligne que l’appétit des investisseurs pour le risque sera très fluctuant cette année dans le contexte de croissance ultra-rapide sur les marchés émergents et au contraire trop faible dans les pays industrialisés.

La crise de l’euro n’a pas encore trouvé son épilogue et demeure une source d’inquiétude ; de nouvelles turbulences s’annoncent au premier semestre si le Portugal se résout à demander une aide d’urgence. Le franc suisse, le yen japonais et le dollar américain profitent en revanche de la crise et pourraient se raffermir au premier semestre.

Les taux d’inflation historiquement faibles dans les pays industrialisés, la croissance économique modérée et le maintien de politiques monétaires accommodantes par les banques centrales occidentales sont autant de facteurs qui s’opposent à une progression des taux d’intérêt. Après une phase prolongée de faiblesse durant l’été, les marchés boursiers et des matières premières ont connu un rallye en fin d’année. Adecco, Bâloise, BG Group, BNP Paribas, Deutsche Post, Holcim, Rautaruukki et Tecan comptent parmi les favoris pour 2011.

 

Les déséquilibres de l’économie mondiale influent sur les perspectives macroéconomiques à moyen terme. La crise de l’euro ayant mis en évidence les limites d’une croissance continue des dépenses publiques, de nombreux pays ont engagé des mesures rigoureuses pour consolider leur budget public; les Etats-Unis maintiennent en revanche leur politique monétaire et budgétaire expansionniste. Le premier semestre 2011 sera donc marqué par une lutte constante entre les impulsions fournies par la politique budgétaire et les effets de la réduction de la dette privée sur la croissance. Les pays émergents redoubleront d’efforts pour combattre les tendances inflationnistes, alors que de nombreux pays industrialisés devront digérer les conséquences du raffermissement de leur monnaie. Un ralentissement abrupt de la conjoncture chinoise représente l’un des principaux dangers. Un atterrissage en douceur laissera aux ménages des pays déficitaires le temps de redresser leurs finances. L’économie devrait ainsi retrouver le chemin d’une croissance durable d’ici 2012.

Jan Amrit Poser, responsable de l’analyse et économiste en chef de la Banque Sarasin
"Le premier semestre 2011 sera marqué par une lutte constante entre les impulsions fournies par la politique budgétaire et les effets de la réduction de la dette privée sur la croissance. Compte tenu des importants paquets fiscaux adoptés par le gouvernement américain, une accélération temporaire de la croissance économique mondiale ne peut être exclue. Le ralentissement cyclique attendu vers le milieu de l’année ravivera cependant les craintes concernant la poursuite de la croissance. Il faudra attendre la fin de l’année avant que la reprise se confirme."

Philipp E. Baertschi, stratège en chef de la Banque Sarasin
"Nous restons prudemment optimistes pour 2011. Après un premier trimestre positif, nous nous attendons à une phase de faiblesse durant l’été et comptons avec une progression de l’indice SMI à 7 300 points d’ici à la fin de l’année. Les rallyes alterneront à nouveau avec les mouvements de repli en 2011, si bien qu’une gestion active sera primordiale."

Taux d’intérêt toujours faibles

En 2010, les taux d’intérêt ont évolué à des niveaux planchers. La croissance modérée, l’inflation extrêmement faible et la politique monétaire toujours accommodante suivie par les principales banques centrales du monde ne présagent pas de hausse des taux en 2011. Alors que des taux d’intérêt bas se justifient encore dans les pays industrialisés en raison du faible renchérissement et de la sous-utilisation des capacités de l’industrie, les banques centrales des pays émergents doivent maintenant songer à durcir leur politique monétaire. Les perspectives des obligations d’entreprise se sont nettement améliorées, car ces titres devraient profiter de l’expansion modérée enregistrée dans les pays industrialisés. Cependant, la croissance n’est pas encore suffisamment robuste pour provoquer une hausse significative des taux d’intérêt.

Les craintes sur l’euro restent vives

En 2010, les investisseurs ont tour à tour liquidé leurs positions en euros et en dollars pour se tourner vers les valeurs refuge comme le franc suisse et le yen japonais. Si le Portugal décide finalement de demander une aide d’urgence au printemps, les pressions sur la monnaie unique se renforceront encore. Dans l’immédiat, le dollar devrait profiter des craintes sur l’euro, puis les marchés financiers reprendront graduellement confiance dans la monnaie unique dès que les mesures d’austérité des pays européens déficitaires commenceront à porter des fruits. Le franc suisse restera cependant très recherché tant que les craintes sur l’euro persisteront. Lorsqu’elles se dissiperont au deuxième semestre, la valorisation des monnaies jouera à nouveau un rôle plus important dans les décisions de placement. Selon notre estimation de la parité du pouvoir d’achat (PPA), la juste valeur de l’euro se situe vers CHF 1,40. La crainte d’une guerre des monnaies a également fait chuter le cours du dollar au-dessous de sa parité du pouvoir d’achat de CHF 1,14.

Potentiel de hausse sur les marchés boursiers et risque de repli

L’accélération de la croissance enregistrée au quatrième trimestre 2010 a conduit à une révision à la hausse des prévisions bénéficiaires de nombreuses sociétés. Les entrées de commandes resteront robustes au premier trimestre 2011, si bien que les profits des entreprises pourraient se révéler supérieurs aux attentes. Les corrections d’une certaine ampleur sur les marchés boursiers coïncident généralement avec une modification des perspectives macroéconomiques ou de la politique monétaire. Comme des impulsions positives sont attendues du côté macroéconomique, le ciel conjoncturel n’est pas susceptible de s’assombrir ces prochains mois. Durant l’été, l’aversion au risque pourrait cependant augmenter temporairement en raison de la crise de la dette européenne, d’un tassement de la croissance en Chine et du ralentissement de la conjoncture américaine. La Banque Sarasin s’attend à une bonne année boursière avec des performances à deux chiffres. Les rallyes alterneront cependant avec les mouvements de repli, de sorte qu’une gestion active sera primordiale.

Valeurs favorites de la Banque Sarasin en 2011

Adecco, Bâloise, BG Group, BNP Paribas, Deutsche Post, Holcim, Rautaruukki et Tecan.

Placements alternatifs: miser sur les matières premières

Le contexte économique demeure positif pour les matières premières. La forte demande en provenance des pays émergents continuera de pousser les cours à la hausse. En 2011, Sarasin s’intéressera avant tout aux marchés du cuivre, du nickel, du platine et de l’or. Les prix des céréales et des oléagineux seront également soutenus par une vive demande. Les perspectives des placements immobiliers se sont améliorées. Les marchés immobiliers asiatiques sont plus avancés dans le cycle de reprise que ceux d’Europe et des Etats-Unis. Le marché immobilier suisse reste bien disposé, mais ne dégagera pas une meilleure performance que la Bourse.